Fiscalité de l’achat-revente sur Leboncoin : ce que vous devez savoir en 2026

La fiscalité des ventes en ligne est un sujet que beaucoup de vendeurs Leboncoin préfèrent ignorer. C’est une erreur. Depuis 2024, les plateformes transmettent automatiquement vos données de transactions au fisc. Voici ce que vous devez savoir pour rester en règle.

Ventes de biens personnels : ce qui est exonéré

Si vous vendez des biens que vous avez achetés pour votre usage personnel et dont vous n’avez plus besoin, ces ventes sont en principe exonérées d’impôt sur le revenu. Revendre votre ancien canapé, vos vêtements portés ou votre smartphone d’occasion ne génère pas d’obligation fiscale, quel que soit le montant.

Il existe cependant deux exceptions. Les biens dont le prix de cession dépasse 5 000 € sont soumis à la taxe sur les plus-values de cession de biens meubles (19 % sur la plus-value + prélèvements sociaux), sauf pour les meubles meublants (canapés, tables, électroménager) et les voitures, qui restent exonérés quel que soit le montant. Les métaux et objets précieux (bijoux en or, montres de luxe, objets d’art) sont soumis à la taxe forfaitaire sur les objets précieux (6 à 11 % du prix de vente).

La transmission automatique au fisc

Depuis 2024, Leboncoin est tenu de transmettre à l’administration fiscale un récapitulatif annuel de vos transactions si vous dépassez 2 000 € de revenus bruts ET 30 transactions au cours de l’année civile. Les deux conditions doivent être remplies simultanément.

Cette transmission est automatique — vous n’avez rien à faire et vous ne pouvez pas l’empêcher. Leboncoin vous envoie en début d’année un résumé de vos transactions de l’année précédente, et le même document est envoyé à la Direction Générale des Finances Publiques.

Dépasser les seuils ne signifie pas automatiquement que vous devez payer des impôts. Si vos ventes portent sur des biens personnels exonérés, le signalement n’entraîne pas de conséquence fiscale directe. Mais il peut déclencher une vérification si le fisc juge que vos volumes de vente sont incompatibles avec de simples ventes occasionnelles de biens personnels.

Si vous faites de l’achat-revente : vos obligations

Dès lors que vous achetez des biens dans le but de les revendre avec une marge, vous exercez une activité commerciale. Vos revenus sont imposables comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et ce dès le premier euro encaissé.

En micro-entreprise, vous déclarez votre chiffre d’affaires encaissé (le montant réellement versé sur votre compte, après déduction des commissions Leboncoin). Vos cotisations sociales s’élèvent à environ 12,3 % de ce montant pour l’activité d’achat-revente de marchandises. Côté impôt sur le revenu, vous bénéficiez d’un abattement forfaitaire de 71 % (le fisc considère que 71 % de votre CA correspond à vos charges) et vous êtes imposé sur les 29 % restants, à votre taux marginal d’imposition.

En régime réel (EI classique ou société), vous déduisez vos charges réelles (achats de marchandises, frais de port, commissions, abonnements, fournitures) et vous êtes imposé sur le bénéfice net. Ce régime est plus avantageux quand vos charges représentent plus de 71 % de votre CA, ce qui est fréquent en achat-revente.

Exemple chiffré

Vous réalisez 15 000 € de chiffre d’affaires annuel sur Leboncoin en achat-revente, en micro-entreprise. Cotisations sociales : 15 000 × 12,3 % = 1 845 €. Base imposable : 15 000 × 29 % = 4 350 €. Si votre taux marginal d’imposition est de 11 %, l’impôt sur le revenu correspondant est de 478,50 €. Votre charge fiscale et sociale totale est donc d’environ 2 323 €, soit 15,5 % de votre CA.

Utilisez notre calculateur de marge marketplace pour intégrer ces charges dans vos calculs de rentabilité.

La TVA

En micro-entreprise, vous bénéficiez de la franchise en base de TVA tant que votre CA ne dépasse pas 85 800 € (seuil 2026 pour l’achat-revente). Vous ne facturez pas de TVA à vos acheteurs et vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats. C’est simple mais ça signifie que la TVA payée sur vos achats de marchandises est une charge non déductible.

Si vous dépassez le seuil ou si vous choisissez volontairement d’être assujetti à la TVA (en passant en régime réel), vous facturez la TVA sur vos ventes et vous récupérez la TVA sur vos achats. C’est plus complexe en gestion mais peut être avantageux si vos fournisseurs facturent de la TVA.

Les documents à conserver

En cas de contrôle fiscal, vous devez pouvoir justifier l’origine de chaque produit vendu et la réalité de vos charges. Conservez vos factures et tickets d’achat (fournisseurs, friperies, brocantes), vos relevés Leboncoin (transactions, commissions, virements), vos factures de frais de port et d’emballage, et vos relevés bancaires du compte dédié à votre activité.

La durée de conservation légale est de 6 ans pour les documents fiscaux et 10 ans pour les documents comptables. En micro-entreprise, un simple registre des recettes (date, montant, client, mode de paiement) suffit comme comptabilité.

Les risques en cas de non-déclaration

Un redressement fiscal peut porter sur les 3 dernières années d’activité. Le fisc recalcule vos revenus imposables, applique les cotisations sociales dues, et ajoute des pénalités de retard (10 à 40 % selon les cas) et potentiellement des majorations pour activité occulte (80 %). Sur 3 ans d’activité non déclarée avec un CA de 15 000 € par an, le rappel peut facilement dépasser 10 000 €.

La solution est simple : déclarez-vous dès le début. La micro-entreprise est gratuite à créer et les formalités sont minimales. Pour un accompagnement complet sur le lancement de votre activité, consultez notre guide complet Leboncoin et notre formation Marketplace Mastery.